Un dimanche chez Pierre Loti

Dimanche 7 juin, un petit groupe de membres du Comité a pu visiter la maison Pierre-Loti, au 137 de la rue qui porte désormais son nom à Rochefort. Depuis la rue, la maison bourgeoise en tuffeau blond ne se distingue guère des autres,sinon par une plaque indiquant que Pierre Loti, marin et écrivain français, fils de Théodore Viaud et de Nadine Texier, y est né le 14 janvier 1850.

L’intérieur, en revanche, totalement restauré, emmène de surprise en surprise… Un audioguide très détaillé et agréable à écouter permet de mieux connaître la personnalité de Pierre Loti, son œuvre, ses voyages, ses écrits, personnalité éclectique qui se découvre au fil des salles, très différentes. Certaines nous font entrer dans son intimité, les premierssalons, le rouge avec les portraits de la famille et le bleu qu’occupait sa femme Blanche, ou encore sa petite chambreavec un lit de fer tout simple, disposée comme lorsqu’il vivait à Rochefort ; au centre, un moulage de ses mains, une pratique alors très à la mode. 

D’autres pièces, terriblement chargées et remplies d’objets du sol au plafond, illustrent sa curiosité insatiable pour les pays lointains où l’officier de marine Julien Viaud, sa véritable identité, avait été envoyé : salle chinoise, pagode japonaise, salon turc, mosquée ornée d’un plafond syrien du xviiie siècle, d’un bassin aux ablutions, d’un mihrab (cependant pas orienté vers La Mecque), de céramiques à foison, de cénotaphes recouverts de soieries – « l’endroit où l’on attend l’âme », disait-il. Sans oublier l’immense salle Renaissance, véritable décor de cinéma, où Loti organisait de somptueuses fêtes costumées : son corps y fut exposé pour un dernier hommageen juin 1923.

Aujourd’hui, la maison ne désemplit pas de visiteurs – il faut s’inscrire plusieurs mois à l’avance pour obtenir un créneau !

A quelques pas de là, avenue Charles-de-Gaulle, ne manquez pas d’aller au musée Hèbre voir Le Massacre des Janissaires, une toile de l’orientaliste Charles Émile Callande de Champmartin peinte en 1826, au format tel (4,72 m de haut sur 6,28 de large) qu’elle ne peut être prêtée : une autre raison d’aller à Rochefort !

pour en savoir plus sur cet épisode célèbre, lire par exemple le petit article d’Özgür Türesay sur le site de la BNF Retronews : https://www.retronews.fr/catastrophes/chronique/2020/04/03/massacre-des-janissaires-ottomans)

 Pour en savoir plus sur Pierre Loti (ce ne sont que quelques exemples…)

Lesley Blanch, trad. de l’anglais par Jean Lambert, Pierre Loti l’évadé, Le Passeur éditeur, 2023.

Alain Quella-Villéger Pierre Loti l’incompris, Presses de la Renaissance,1986.

 

Sur l’œuvre de Pierre Loti

Omnibus a réédité en 2021 les huit romans principaux sous le titre Romans d’ailleurs.

 

Sur Pierre Loti et la Turquie

Faruk Ersöz, À Stamboul avec Pierre Loti, [1998], rééd. Istanbul, Amphora, 2007.

Alain Quella-Villéger, Istanbul. Le regard de Pierre Loti (une soixantaine de photographies de Pierre Loti, textes rassemblés par l’auteur), [1992], rééd. Renaissance du Livre, « Esprit des lieux », 1997.

 

Sur sa maison

Olivier Delahaye, Pierre Loti à Rochefort – Le temple d’une vie, Belin, 2014.

Étienne Gilson, Discours prononcé le 8 avril 1973, à Rochefort-sur-Mer, pour l’inauguration du musée Pierre-Loti, Firmin-Didot, 1973.

Alain Quella-Villéger, Chez Pierre Loti : une maison d’écrivain-voyageur, Bordeaux, Aubéron, 2008.

Et le petit livret très illustré de la revue BeauxArts, La Maison de Pierre Loti. Ici est ailleurs, 2025.

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