Exposition, visite guidée et cocktail – Institut Suédois 

Grand succès pour la visite privée de l’exposition qui met en lumière les liens culturels entre la Suède, la France et l’Empire ottoman au xviiie siècle.

Le Comité France-Turquie a proposé à ses membres une visite exceptionnelle de l’exposition en cours sur « France, Suède et Empire ottoman : alliances artistiques » à l’Institut suédois de Paris. Sous la houlette savante de Frédéric Hitzel et de Madame Maria Ridelberg Lemoine , les participants ont découvert un choix d’œuvres très éclairantes sur une forme précoce de diplomatie culturelle. Au xviiie siècle, en effet, face à des ennemis communs, la Russie et l’Autriche, les trois puissances se rapprochent. 

Les voyages se développent, des ambassades permanentes sont établies, accélérant et approfondissant les échanges. Ainsi le Français Jean-Baptiste Vanmour, soutenu par l’ambassadeur Charles de Ferriol, nous a laissé avec le Recueil de cent estampes représentant différentes nations du Levant (1714) des tableaux de la vie quotidienne en Turquie et des réceptions fastueuses dans la capitale. Tout comme Louis Nicolas de Lespinasse, à la génération suivante, ou encore Jean-Jacques-François Le Barbier, qui représente Le Tribunal des grands vizirs (vers 1780) suivi par une foule de personnages, musulmans ou non, hommes et femmes, surveillés par des janissaires. 

Côté suédois, c’est Cornelius Loos qui fait connaître à ses compatriotes l’Empire ottoman où le roi Charles XII a trouvé asile après sa défaite contre la Russie en 1709. Les artistes manifestent un grand souci d’exactitude : les gravures que fait Loos de Sainte-Sophie reproduisent fidèlement la calligraphie arabe. Les relations économiques connaissent une embellie, la Suède vend du fer et de l’acier et importe des raisins secs, du café et des tapis. Jonas Hoffman peint le directeur de la Compagnie du Levant suédoise installée à Smyrne (Izmir), Asmund Palm, en costume ottoman, coiffé d’un turban, la main posée sur un couteau à sa ceinture. Parallèlement aux artistes, philosophes et écrivains publient leurs réflexions et souvenirs de leurs voyages dans l’empire ottoman, tel Ignatius Mouradgea d’Ohsson, d’origine franco-arménienne, drogman (interprète) auprès de la légation suédoise, qui publie à Paris un remarquable Tableau général de l’Empire othoman et finit anobli par le roi Gustave III.

La visite fut suivie d’un cocktail très bienvenu au café FIKA – que nous remercions pour la qualité de son accueil ! –, dans la cour de l’Institut, bel hôtel particulier de la fin du xvie siècle situé dans le Marais. Une occasion de se retrouver et de mieux se connaître. 

France, Suède et Empire ottoman : alliances artistiques, jusqu’au 1er novembre 2026 à l’Institut suédois, 11, rue Payenne, 75003 Paris, www.institutsuedois.fr

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